Cosméto : vers une nouvelle bio attitude
Echaudée par les problèmes dans le domaine alimentaire, l’utilisatrice souhaite bénéficier d’un maximum de sécurité, même lorsqu’il s’agit de produits de beauté. Voilà qui explique en partie le succès des quelques marques de soin affichant une revendication biologique.
Mais leur grande attention à la sélection de leurs matières premières ne suffit pas à justifier totalement cet engouement : « Si j’ai essayé les produits de beauté bio, c’est d’abord par curiosité, confie Claire. Et ma peau a immédiatement bien réagi. En fait, ils présentent une cohérence globale dont j’ai besoin. En temps ordinaire, j’utilise aussi des produits “normaux”, mais dès que ma peau montre quelques signes de fatigue, je me tourne vers ma marque bio préférée. »
Il est vrai qu’avec leur packaging d’une grande sobriété, leur discours basique et clair et leur mode de distribution convivial, ces produits constituent une alternative reposante à la surenchère particulièrement présente dans le monde de la beauté. « Les gens ont soif de simplicité, renchérit Claude Degrese, ethnopsychologue. Ils souhaitent revenir à des valeurs essentielles, d’autant qu’ils ont l’impression que l’on est en train de payer le prix d’un excès de pouvoir de la science. En outre, le consommateur souhaite acheter futé. Et les produits de beauté bio affichent des prix raisonnables. La justification éthique sera alors utilisée a posteriori. » Face à cette nouvelle donne, il est donc légitime de se demander ce qui distingue le produit de beauté biologique de celui qui ne l’est pas.
Sans pesticides ni solvantsPour mériter l’appellation « biologique », il faut répondre à plusieurs critères. Le premier : l’utilisation de matières premières issues de l’agriculture biologique, sans engrais chimiques, pesticides ou organismes génétiquement modifiés. Le plus souvent, les laboratoires concernés possèdent leurs propres cultures ou récoltent des plantes sauvages dans des zones préservées. Ils mettent également en avant des méthodes de fabrication spécifiques et privilégient la manière douce en utilisant des procédés d’extraction ou de transformation les plus naturels possibles. La distillation à la vapeur, la macération dans des huiles essentielles ou le broyage permettent d’éviter l’emploi de solvants, le but étant de préserver au maximum les principes actifs dans leur intégralité.
Cires d’abeille et flacons recyclablesL’autre point d’honneur des fabricants bio consiste à limiter les produits chimiques qui entrent dans leurs pots de crème : émulsifiants, gélifiants, conservateurs, colorants et dérivés du pétrole comme les silicones, etc. Même si ces substances sont parfaitement autorisées et scrupuleusement testées, elles n’en augmentent pas moins la liste des ingrédients en contact avec la peau, multipliant ainsi les risques d’irritation, voire de réactions allergiques.
Aussi, ces produits de synthèse sont-ils remplacés par des ingrédients naturels : cires d’abeilles et huiles végétales à la place des silicones, algues à la place des gélifiants, huiles essentielles à la place des conservateurs, etc. Le flaconnage joue également un rôle important : tubes en métal, ampoules scellées et flacons-pompes contribuent à assurer la bonne conservation des différents éléments. Et sont recyclables, comme il se doit !
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