Si l’atrésie de l'oesophage est diagnostiquée avant la naissance et qu’elle nécessite une intervention immédiate, la future maman est guidée vers une maternité de type III, équipée d’un service de réanimation néonatale, pour mettre au monde son bébé. Mieux vaut éviter un transfert risqué, en ambulance, le jour J !
Parfois, l’opération est effectuée quelques mois plus tard. "Pour certains types d’atrésie, il est plus bénéfique d’attendre plusieurs semaines. Le temps que l’enfant grossisse un peu et que les tissus de l’œsophage se développent. Ainsi, l’écart entre les deux segments se réduit, facilitant l’intervention", explique le Professeur Sarnacki.
La question que l’on se pose forcément : comment sont alimentés ces bébés ? Le lait ( maternel ou maternisé) est injecté à l’aide d’une seringue dans un tuyau relié à l’estomac. Une sonde est également posée en permanence dans la bouche du nouveau-né pour aspirer la salive qu’il ne peut déglutir.
L’opération consiste à tirer un peu sur les deux segments d’œsophage pour les raccrocher. Il y a encore cinq ou six ans, il était courant de les relier, quand ils étaient trop éloignés, avec un morceau de côlon.
Aujourd’hui, on peut aussi envisager une thoracoscopie, méthode encore peu utilisée, mais prometteuse. Peu de spécialistes maîtrisent encore cette technique qui présente, pourtant, de nombreux avantages. Entre autres : pas de vilaine cicatrice (trois petits trous suffisent !) et un risque de scoliose diminué chez les enfants présentant une malformation vertébrale.